Notre habitat, ce refuge de bien-être peut se transformer en un piège empoisonné. Il existe en effet des polluants spécifiques à l'habitat dont on n'imagine ni l'existence, ni la nocivité. Parfois, l'exposition (concentration multipliée par la durée d'exposition) atteint des valeurs de plus de 100 fois supérieures à celles de la pollution extérieure.
Le choc pétrolier des années 1970 a conduit à un excès d'isolation des maisons et à un manque de renouvellement d'air à l'intérieur des habitats. Ces deux facteurs ont contribué à une augmentation inquiétante de l'humidité, de moisissures et de bactéries et à la prolifération d'acariens. Ils représentent une des causes directes d'asthme en France mais aussi d'intoxication ainsi que le syndrome des bâtiments malsains.
Aujourd'hui, la pollution chimique vient s'ajouter aux polluants de l'air ambiant des habitations. Elle concerne les COV - Composés Organiques Volatils - classés cancérigènes et présents en abondance dans de nombreux matériaux de construction et produits d'entretien. Cette pollution est également due au monoxyde de carbone, aux oxydes d'azotes ainsi qu'à l'ozone. Les enfants, les femmes et les personnes âgées sont les plus vulnérables, passant plus de 80 à 90% soit 20 à 22h de leur temps à l'intérieur dans bâtiment.
Les conséquences sont alarmantes : des centaines de milliers de personnes souffrent d'allergies respiratoires, 1 français sur 3 présente une rhinite allergique. Les polluants de l'air des maisons sont la cause directe de plus d'un million et demi de personnes asthmatiques en France et 10% supplémentaires d'enfants sont atteints chaque année. Une augmentation de 30 à 40% de leucémies et de cancers du cerveau chez l'enfant aux Etats Unis seraient causés par les polluants de l'habitat. Les conséquences des sensibilisations chimiques multiples sont encore inconnues.
Nous respirons plus de 20 m3 d'air par jour. Comment notre organisme peut il résister à tout ça ?
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